Avant de commencer, j'étais fébril à l'idée de traverser les Alpes et monter des cols perchés à plus de 2 000 mètres. Mais finalement, ce ne sont pas les plus hautes montagnes qui sont les plus difficiles, j'ai trouvé plus durs certains sentiers d'arrivée dans la Chartreuse ou encore les étapes des monts du beaujolais (peut-être parce que j'ai fait les deux plus dures étapes le même jour...).
Malgré la grande quantité de commerces clos et
l'apparence d'une région à moitié vivace, j'y ai fait de magnifiques rencontres. Dès l'entrée entre les murs du Xe siecle de Laval, ou encore au Rivier d'Allemont avec le bel accueil de frères pèlerins qui n'hésitent pas à me dépanner de pain ou d'internet. Chez Nath (crêperie de st Sorlin) où on m'apporte du gateau aux myrtilles avec mon demi-pêche et où les normands de la table voisine m'en offre un autre après que je leur ai souhaité un bon appétit. A st Jean de Maurienne quand un prêtre en retraite de 89 ans propose spontanément sa chambre d'ami dans son petit appartement et que le diacre qui habite en dessous et sa femme m'offrent un excellent repas et un magnifique échange d'humanité... A Modane, ce vendeur d'instruments de musique qui recherche sur le net pour me montrer que je vais passer à 15 kilomètres d'une ville italienne où se trouve un énorme magasin de musique qui me fournira mon bonheur pour alourdir le sac...
Je ne peux pas vous parler des rencontres sans vous partager le genre de dialogues que j'ai eu à maintes reprises avec les commerçants des Alpes.
- Vous faites une petite promenade?
- On peut dire ça.
- Vous venez d'où comme ça
- De Troyes dans le sud de la Champagne.
- Non mais à pied!
- Et bien de Troyes justement...
- Et vous allez jusqu'où?
- Assise, puis Rome, tant qu'à faire.
- Warf!!! Vous faites combien de kilomètres par jour?
- Je ne sais pas.
- Vous comptez arriver quand?
- Je ne sais pas.
- Vous revenez comment?
- Je ne sais pas.
- Dis-donc,vous êtes vraiment courageux!
- Je ne sais pas... je ne me pose pas la question...
Que serait ce long mois passé à marcher en France sans
l'esprit de St François d'Assise qui m'a accompagné de nombreuses fois, même si je n'ai pas marché aux heures idéales pour croiser le plus grand nombre d'espèces d'animaux différentes. Cet esprit qui s'associe à la philosophie du chemin, ouvrant pleinement vos différents sens pour profiter pleinement de la beauté des paysages traversés (je garde un excellent souvenir du Morvan)...
pour entendre les aboiements du chevreuil qui a reconnu une présence intruse...
Pour repérer cette marmote qui se cache des randoneurs qui passent au loin...
Pour faire le moins de bruit possible en sortant son appareil photo et ainsi, pouvoir prendre un joli petit lapin (sain et sans mixo...) ...
Pour nous offrir de magnifiques dialogues avec ceux que nous croisons....
Pour grignoter les mets les plus savoureux que le chemin puisse nous offrir, quitte à nous arrêter tous les 3 mètres pour pleinement en profiter...
Ou encore pour remplir ses narines du parfum ennivrant des champs d'ail de l'ours (petit clin d'oeil à mes amis "bremands" ou "nortons").
Mais, malheureusement, je ne me suis pas levé assez tôt ou ne suis pas arrivé assez tard, pour pouvoir rencontrer des chamois, bouquetins, lynx ou encore, pour pouvoir jouer à St François face à l'un des loups du massif de Belledonne.
A vous de trouver l'intru dans toutes ces photos...
Que de belles surprises dès mon arrivée en Italie. Les petites rues des villes sont superbes,, les habitants sympatiques, le soleil très chaud et les boissons dans les cafés sont moins chères qu'en France.... Je sens que ce pays va me plaire... Il n'y a plus qu'à ouvrir la mémoire en même temps que le dictionnaire et tout devrait aller pour le mieux dans très peu de temps.
Un grand merci pour vos messages de soutien et pour votre passage.
Amitiés pèlerines et beauté de sentiments.
Hubert