Olivier Lemire, appelé aussi "celui qui marche", donne a ses itinéraires un sens tout particulier car il va de lieux-dits en lieux-dits: « Le nom des lieux que je mets sur mon chemin redonne du sens à ce que nous ne voyons plus. J’ai commencé par marcher de La Vie (Creuse) vers La Mort (Doubs), parce que c’est le voyage que nous faisons tous. Puis j’ai voulu aller nager dans Le Bonheur, une rivière cévenole. Au bout de deux mois et demi de marche, j’ai atteint, sous des trombes d’eau, ce cours d’eau glacée qui se jette dans un gouffre nommé La Perte du Bonheur. C’était le jour de mon anniversaire… J’ai mis six mois à m’en remettre. » (Extrait de l'article dans Pèlerin n° 6853 du 3 avril 2014. )
Un jour, on lui a proposé de joindre Assise au départ de Vézelay, en empruntant Le Chemin D'assise. Une toute nouvelle expérience du chemin s'est offerte à lui, le pèlerinage. J'ai eu la chance de rencontrer Olivier lors de la cérémonie du dévoilement des plaques de l'arbre et du banc du pèlerin. Il nous a alors expliqué ce qu'était pour lui le pèlerin: "Une personne qui a les bras grands ouverts, pour recevoir". J'avais beaucoup aimé cette définition qu'il donnait du pèlerin, car c'est le point le plus important que je retiens de mes expériences pèlerines.
A la suite de son chemin aux côtés de St François, Olivier a écrit un livre Chemins d'Assise, l'aventure intérieure, (Ed. Bayard / Editions franciscaines). Si vous avez eu la chance de le lire, n'hésitez pas à partager vos ressentis et avis à son sujet. D'autre part, durant tout le périple, il a nourri une chronique estivale dans le journal La Croix et réalisé un petit film partagé ci-dessous. Ce film retransmet de nombreux ressentis, émotions, sensations que l'on peut avoir quand on part en solitaire pour un pèlerinage aussi peu fréquenté. En regardant ces images, j'ai mieux compris pourquoi j'avais arrêté le mien au sud de Turin. Je partage de nombreuses réflexions d'Olivier et le remercie parce que grâce à son film, j'ai pu revoir une grande partie des âmes généreuses qui m'ont accueilli sur la partie française.
J'ai beaucoup apprécié son échange avec Marie-Pierre sur l'humilité:
O.L. « Moi j’ai un problème. Le bout de fromage que j’offre à ceux qui m’hébergent, je le retrouve dans mon sac au moment du départ. »
Marie-Pierre qui revenait de Compostelle « La vraie humilité c’est de se dire : je ne suis pas le sauveur de l’humanité, je ne fais pas quelque chose pour être sauvé ou pour sauver qui que ce soit, je fais juste quelque chose pour qu’on me donne quelque-chose. »